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Pathologies du béton armé

Guide des principales pathologies affectant les structures en béton armé : carbonatation, corrosion des armatures, fissuration, alcali-réaction, gel-dégel. Causes, diagnostic et solutions.

13 mars 2025 Par Regrain

Le béton armé : matériau durable mais vulnérable

Le béton armé associe la résistance à la compression du béton et la traction de l’acier. Cette synergie est efficace, mais plusieurs mécanismes peuvent compromettre la durabilité de l’ensemble.

1. Carbonatation

Mécanisme : Le CO₂ atmosphérique réagit avec les hydroxydes de calcium du béton, abaissant son pH de 12–13 à moins de 9. Ce processus détruit la couche passivante qui protège les armatures.

Vitesse de progression : Proportionnelle à la racine carrée du temps. Un béton de qualité médiocre peut être carbonaté sur 30 mm en 20 ans.

Diagnostic : Test à la phénolphtaléine sur carotte — la zone carbonatée reste incolore.

Facteurs aggravants : Faible enrobage des armatures (< 20 mm), béton poreux, environnement urbain.

2. Corrosion des armatures

Mécanisme : Une fois la couche passivante détruite (par carbonatation ou chlorures), les armatures s’oxydent. La rouille occupe un volume 3–10 fois supérieur à l’acier sain, provoquant des contraintes internes et l’éclatement du béton.

Manifestations visibles :

  • Traces de rouille en surface
  • Fissures parallèles aux armatures
  • Épaufrures (éclats de béton)

Niveaux de sévérité :

  • Stade 1 : Rouille visible mais armature intacte → Réparation possible
  • Stade 2 : Perte de section < 20 % → Réparation avec reconstitution
  • Stade 3 : Perte de section > 20 % → Remplacement de l’armature

3. Fissuration

Types de fissures :

TypeCauseSévérité
Microfissures < 0,1 mmRetrait de séchageFaible
Fissures 0,1–0,3 mmRetrait, températureModérée (à surveiller)
Fissures > 0,3 mmSurcharge, tassementÉlevée
Fissures > 1 mmSurcharge majeure, tassementCritique

Fissures de retrait vs fissures structurelles :

  • Retrait : réseau aléatoire, ouverture uniforme, pas d’évolution rapide
  • Structurelles : orientation cohérente avec les efforts, peuvent évoluer sous charge

4. Réaction alcali-granulats (RAG) ou sulfatique-interne (RSI)

Mécanisme : Réaction chimique entre les alcalins du ciment et certains granulats siliceux. Gonflement interne progressif.

Manifestations : Réseau de fissures caractéristique en « peau de crocodile », gonflement.

Diagnostic : Analyse pétrographique sur carotte, essai d’expansion.

Spécificité : Pathologie irréversible — seule la gestion de l’humidité peut ralentir l’évolution.

5. Gel-dégel

Mécanisme : L’eau absorbée par le béton gèle et se dilate (+ 9 % de volume), provoquant des pressions internes. Les cycles répétés dégradent la microstructure.

Manifestations : Écaillage de surface, fissures superficielles, perte de matière.

Facteurs aggravants : Béton poreux, exposition aux sels de déverglaçage, alternance gel-dégel fréquente.

Quelques photos de faciès d’altération typique du béton

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  • Des traces de rouille sur le béton
  • Des éclats de béton (épaufrures)
  • Des fissures > 0,3 mm sur éléments structuraux

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